mercredi 17 décembre 2008

PHOTOGRAPHIES PYRENEENNES : Farnham MAXWELL LYTE



Reproduction interdite © Jacques Desse


LA PLUS GRANDE COLLECTION CONNUE DE PHOTOGRAPHIES PYRENEENNES
DE Farnham MAXWELL LYTE (années 1850-1860)


"Il fut le père de la photographie Pyrénéenne" (Henry Russell)

Lyte est avec Heilmann et Stewart un des pionniers de la photographie dans les Pyrénées. Tous trois sont considérés comme les fondateurs de "l’école de Pau".
Né en 1828, ce scientifique anglais se fixe vers 1853 à Pau, puis à Bagnères, ou il développe son œuvre de photographe, avec la particularité de s’intéresser à la haute montagne, et ses recherches sur la chimie du développement. Ce "personnage à la Jules Verne" (Duloum), très lié à Russell, sera en 1866 l’un des quatre fondateurs de la Société Ramond. Il cesse son activité de photographe vers 1867 et décède en 1906. Ses plaques auraient été détruites pendant la Commune, en 1871.
Toutes les images que nous connaissons de lui sont des vues des Pyrénées. Ses épreuves, présentées dans les différents salons européens, y furent très admirées, et saluées dans de nombreux articles. Il "fut en quelque sorte le photographe 'officiel' des Pyrénées" (PI, p. 122). Il composa en particulier un album de 48 vues qu'il offrit à Napoléon III en 1858 lors de sa venue à Pau. Ces images ont largement contribué à faire découvrir la chaîne. Elles demeurent aujourd’hui des monuments historiques de la photographie pyrénéenne.
Les clichés que nous présentons sont exactement contemporains des grands reportages topographiques, de Bisson, Baldus, Nègre, Braun, Charnay, De Clercq, Le Gray, etc.

Cet ensemble constitue problablement le plus vaste jamais présenté de clichés pyrénéens de Lyte. Beaucoup de ces images paraissent être inédites, ou connues uniquement par les tirages de Marx, voire totalement inconnues.

Identification : Toutes les images de cette série qui peuvent être identifiées s’avèrent être de Lyte, et de lui seul. L’une présente la signature de Lyte, « lux fecit ».
La plupart des clichés portent une légende au crayon (effacée mais lisible), parfois à la plume, le plus souvent en anglais. Elles ne peuvent avoir été portées que par une personne connaissant parfaitement les Pyrénées ou tenant ces informations de l’auteur lui-même. Ces légendes, à tout le moins la plupart d'entre elles, sont de la main même de Lyte (Comparer par ex. la légende au dos du cliché 139 avec le manuscrit autographe).
L'examen du verso des clichés par transparence révèle qu'environ la moitié d'entre eux portent une autre légende manuscrite au crayon, de la même main, parfois en anglais. Parfois, la légende est inscrite à moitié en français, à moitié en anglais (cf. cliché 149), ce qui indique qu'elles ont été rédigées par une personne utilisant indifféremment l'une ou l'autre langue, comme Lyte lui-même. Ce sont ces légendes qui ont en général été reportées, simplifiées, sur les feuilles de papier. On voit aussi apparaître sur certains le trait de crayon qui a servi de guide à la découpe du cliché. Parfois la légende à été affectée par la découpe (par ex. cliché 142), ce qui montre qu'elle avait été inscrite avant même que le cliché soit découpé.

Provenance : La plupart des clichés en Lyte en circulation ont été édités par Théophile Marx (qui en publia plus de 150, selon les catalogues de 1858 et 1860), et portent son cachet. En revanche, le fonds que nous présentons semble provenir directement de l’atelier du photographe.
La plupart portent sur le support de papier le cachet de la "Forbes Library, Northampton, MA [Massachussets]". Cette bibliothèque américaine a été créée par Charles-Edouard Forbes en 1894. Peut-être tenait-il ces images de Jean David Forbes (1809-1868), auteur d’études sur l’optique et sur les Pyrénées, contemporain de Lyte. Une branche de la famille Forbes était implantée à Mont-de-Marsan, avec laquelle Lyte, qui se retira à Dax à la fin des années 1860, a forcément dû être en contact.

Tirages : Tous, sauf quelques papiers salés, ont l'aspect de tirages albuminés. On sait cependant que Lyte a expérimenté de nombreuses préparations originales. Plusieurs clichés que nous présentons ici sont tirés sur papier albuminé alors qu’il en existe des versions sur papier salé. Le papier salé a été utilisé jusque vers 1860, le papier albuminé à partir des années 1850. Il est probable que Lyte a expérimenté des tirages sur papier albuminé à partir du moment où il s’est intéressé au nouveau procédé.
Dans une lettre à la Photographic Society, en 1861, il décrit ainsi les procédés qu’il emploie : "Some are wet collodion, some metagelatines and printed on albumenised paper, toned by my process with phosphate of soda and then chloride of gold as described in the paper read this year before the Society" ("Certains sont au collodion humide, d'autres à la 'métagélatine', et tirés sur papier albuminé, préparé avec mon procédé au phosphate de soude puis au chlorure d'or, comme décrit dans ma communication à la Société cette année").
Dans une autre communication de 1861, Lyte préconise d’enduire les épreuves sur papier albuminé d’un vernis à l’encaustique : "En opérant ainsi, on voit les plus beaux produits obtenus sur papier albuminé gagner encore d’aspect, et les ombres profondes s’enrichir de détails que l’on n’eût pu apercevoir" sans cette dernière opération (PP p. 34).
Nos clichés ne sont pas toujours tirés sur le même papier, il est souvent plus épais que le papier albuminé que l’on rencontre communément. Les tonalités sont variables.

Datation : En tenant compte uniquement des éléments relevés ci-dessus, on peut estimer que nos tirages albuminés datent d’entre 1854-55 et 1867. Ceux dont la datation est établie sont des années 1850-1862.
Nous donnons quand elle est connue la date de réalisation du cliché.

Formats : Beaucoup de clichés sont grossièrement découpés (bords irréguliers). Ils sont contrecollés sur papier, et non sur carton de présentation. Ils présentent souvent de petites déchirures, antérieures au montage sur papier. Cela atteste qu’ils n’étaient pas destinés à être commercialisés.
Par ailleurs, lorsque que l’on peut les comparer avec d’autres tirages des mêmes clichés (par exemple ceux édités par Marx) on s’aperçoit que leur cadrage est généralement un peu plus large. Beaucoup sont de grand format (jusqu’à 30 x 40 cm), ce qui n’est pas commun.

Présentation : Lyte a lui-même donné des instructions sur l’encadrement de ses clichés, dans la lettre citée ci-dessus : "The frames must be 25 ¼ ins X 19 ½ ins inside measurement and may be black or better rosewood molding, preferable to gold" ("Les cadres doivent mesurer à l'intérieur 64 x 49 cm ; ils peuvent être noirs ou, mieux, avec une moulure en bois de rose, plutôt que dorés").

Bibliographie générale :
- Jammes : Blanquart-Evrard et les origines de l'édition photographique en France, 1981.
- PI : Pyrénées en images, 1995.
- PP : Pyrénées, Voyages photographiques, 1998.
- Répertoire des photographes français du XIXè s.
- B. MARBOT, Des ciels dans les paysages photographiques. In : Quand passent les nuages, BNF, 1988.
- J. DULOUM, Les Anglais dans les Pyrénées, 1970.

Bibliographie spécifique :
- Hélène SAULE-SORBE. Les Pyrénées photographiées de Farnham Maxwell Lyte. Bulletin de la Société Ramond, 2004 (2005), pp. 103-129.
- Lori PAULI, Lux Fecit. Farnham Maxwell Lyte photographe, in : La Revue, 1, nov. 2000 (Musée des beaux-arts du Canada).
- H. RUSSELL, Notice nécrologique de F.M. LYTE, in Bulletin de la Société Ramond, 1906, pp. 104-107.
- E. MARCHAND, directeur de l’observatoire du Pic du Midi. "Maxwell Lyte : homme de science, météorologiste et astronome". Bulletin de la Société Ramond, janvier 1906, pp. 108-112, 132, 133.
- Photographic Journal, 1906
- "The Late F. Maxwell Lyte". The British Journal of Photography, 16 mars 1906 (sur ses recherches techniques).
- Mémoires de la Société scientifique, artistique et photographique des Basses-Pyrénées, mai 1854 (texte de Lyte).
- Bulletin de la SFP, 1856-58, et 1861 (texte de Lyte)
- Cosmos, 1856
- Moniteur de la photographie, 1861 (critique puis réponse de Lyte, 15 novembre)
- Revue photographique, 1859 : "rien de plus délicieux, de plus vaporeux, de plus joli. Saint-Sauveur, les Cascades d’enfer, le Fond de la Vallée de Luz, le cirque de Gavarnie [sous la neige PP ill. 25] sont de véritables chefs d’œuvre".
- Revue photographique, 1, 1862 (texte de lyte)
- E. LACAN, La Lumière, 1859
- La Lumière, 30 novembre 1861 (texte de Lyte)
- LESPIAULT salue "la vallée d’Auzun, le cirque d’Héas", exposés en 1855
- Rapport de l’exposition universelle de 1855 : "les vues des Pyrénées, la vallée d’Azun, le pont de Bétharram, avec le lointain des montagnes sous l’arche couverte de lierre, la vallée d’Argelès et le village de Gavarnie avec des effets de neige d’une grande difficulté d’exécution, ne le cèdent, comme finesse et pittoresque, à aucune des meilleures productions de l’école anglaise" (cité dans PI, p. 58).
- Exposition universelle de 1878 (clichés de l'éclipse de 1860, présentés par la Commission de l'Observatoire du Pic-du-Midi).
- Exposition de Glasgow, 1855 : "Route de Panticosa".

TEXTES

"En même temps qu'il sert l'art en vrai fanatique, M. Lyte est un savant chimiste" (Bulletin de la SFP, 1858)

. Farnham Maxwell LYTE. Communication à la Société philomatique, séance du 21 mai 1854. MANUSCRIT AUTOGRAPHE. 10 feuillets in-12, écrits au recto.
Brouillon d’un article sur le sujet de prédilection de Lyte :
"M. Maxwell Lyte fait part à la Société des nouveaux perfectionnements qu’il a apportés à la fabrication des glaces, par l’emploi de la métagélatine, il annonce qu’une glace ainsi préparée peut conserver sa sensibilité soit avant soit après l’exposition dans la chambre noire, pendant un temps presqu’illimité ". Suit le modus operandi en cinq parties : préparation de la métagélatine ; nettoyage des glaces ; collodion, son application ; sensibilisation de la glace et application de la métagélatine ; exposition, développement de l’image, fixation.
C’est cette même année que Lyte participa à la fondation de la Société Française de Photographie. En 1854-1857, il publia plusieurs communications dans les Mémoires de la Société scientifique, artistique et photographique des Basses-Pyrénées (mai 1854), La Lumière, le Bulletin de la SFP, pour expliquer ses procédés de collodion au miel.

. Farnham Maxwell LYTE. Rapport industriel sur un gisement de sel gemme découvert à Dax (Département des Landes), par F. Maxwell-Lyte, Ancien Élève de l'École des Mines de Londres, M. A. de Cambridge, F. C. S. de Londres, Commandeur de l'Ordre du Mérite Scientifique de Mecklembourg-Schewerin, Membre de la Société chimique de Paris, Membre correspondant de la Société Philomatique de Paris, etc., etc. [Fleuron]. Bagnères-de-Bigorre, Imprim. J. Cazenave, Boulev. du Collège, 14, 1866. In-8 broché (21 x 13,5 cm), 16 pp., 2 pl. dépl. h.-t. [Carte de Dax et de ses environs ; Concession de Dax. Mines de sel-Gemme. Coupe géologique des terrains traversés par le puits St Pierre], couv. rose impr.
Étude sur la découverte d'un gisement de sel gemme faite à Dax, par un propriétaire cherchant une source d'eau chaude pour établir des bains dans son jardin, attenant aux anciennes murailles de la ville. Pas dans Chabas. Cette brochure est imprimée par Cazenave à Bagnères, imprimeur du Bulletin de la Société Ramond ; Maxwell-Lyte annonça la découverte de ce gisement à la séance du 5 mars 1866 de la Société Ramond (BSR, 1866, p. 127). Rare. Etat neuf.

PHOTOGRAPHIES

Collection Caillau-Lamicq


- Jurançon et le gave pris du bout du parc du Château de Pau. 1854. PAPIER SALÉ. 16 x 21,3 cm. Montée sur carton.
Avec la signature inversée dans le négatif : "Lux fecit" (voir aussi ci-dessous n° 199). Cette belle épreuve a figuré dans l'exposition "Pyrénées en images" (n° 49, reproduite p. 26 ; Caillau-Lamicq IV, 259).

Collection Forbes

Merci à Hélène Saule-Sorbé, Didier Sorbé et Bernard Legleu pour leur aide dans l'identification des sites.




V – Château de Pau en hiver. Avant 1853. PAPIER SALÉ. 16,1 x 21,5 cm. Inscription au verso : "Pau".
Vue identique à celle éditée par Blanquart-Evrard, mais avec un cadrage plus serré. On aperçoit des personnages sur le pas d’une boutique en contrebas. Le photographe semble avoir voulu donner un effet de ciel par un trucage au développement.
Cette vue est la même que celle de "Souvenirs des Pyrénées" (édité en août 1853), ou bien a été prise au même moment (on retrouve par exemple les même volets et fenêtres ouverts ou fermés). Cela permet de supposer que le cliché de Blanquart-Evrard, resté jusqu’ici anonyme, est de Lyte. Ce serait le premier et unique cliché connu de Lyte dans ce célèbre recueil, et plus généralement dans les éditions de Blanquart-Evrard (Isabelle Jammes a attribué 10 des 19 clichés de "Souvenirs des Pyrénées", tous à Stewart, les autres demeurant anonymes). La vue du gave ci-dessus est au même format.
* Souvenirs des Pyrénées, n° 2 (Jammes, n° 494).

D – « Château de Pau ». Inscription identique au verso. Avant 1853 ? 25,1 x 29,2 cm. Uniformément passée.
Le château et les maisons alentours. Pris du même point de vue que le précédent, avec exactement le même cadrage large que la vue Blanquart-Evrard, mais cette fois à la belle saison.
En revanche, si ce cliché, avec les maisons au premier plan, rappelle celui de Heilmann montrant Pau sous la neige, le point de vue et le cadrage sont différents.

N – « Château de Pau ». Inscription au dos : "Pau". 18,9 x 25,7 cm. Numéro dans l’angle inf. gauche (47). Petit griffonnage dans l’angle inférieur gauche ( "F" ?).
Ce cliché a été pris du même endroit que la vue du château de Pau sous la neige, par Heilmann (PP n° 15, p. 29).

F – Pau avec pont du XIV juillet. « Château de Pau ». Inscription identique au dos. 22,2 x 27,7 cm. Numéro dans l’angle inférieur gauche (26 ?).
Belle vue aux tonalités terre de Sienne. La chaussée du pont forme une bande claire qui coupe en diagonale le bas de l’image, surplombée par la façade du château et la terrasse. Le photographe semble avoir tenté, par un trucage maladroit, de donner un effet de nuages dans le ciel.
Il existe une vue quasiment identique par Subercaze, prise avant 1858 (Caillau-Lamicq IV, n° 265, reproduite ; Marx 1858 n° 160).

125 – « Pau », vue depuis le Sud avec un banc en 1er plan. Inscription identique au dos. 20,8 x 31,5 cm. Image froissée et passée.
La plaine au pied du château, que l’on aperçoit au fond.

126 – Saint-Sauveur (65). Titre manuscrit : "St Sauveur". 27,1 x 21,5 cm. Numéro dans l’angle inférieur gauche de la plaque (101 ?). Cliché jauni.
La ville est noyée dans la nature…
Cf. Revue photographique.

127 – Gripp et Pic du Midi (vallée de Campan) ou Péguère (Cauterets) ? Titre manuscrit : "Road to Cauterets Pegire". Au verso : "Route de Cauterets Pégère" et une autre inscription biffée. 19,1 x 25,5 cm. Fond de l’image un peu altéré (taches d’origine chimique).
Lyte a effectué des photographies depuis l’Hôtellerie du Pic du Midi en 1860 (éclipse de soleil du 18 juillet – cf. PI, p., 114).
Autre vue du Pic du Midi : cf. PI n° 118 –Marx, avant 1858-.

128 – Rive droite, vallée d’Ossoue. Soum blanc de Sécugnac et Piméné face Nord. Titre manuscrit : à gauche : "Piméné" / A droite : "Pic Blanc". Inscription au verso : "Piméné – Gavarni - … - Pic Blanc". 18,9 x 25,7 cm.
On devine un numéro dans l'angle inférieur gauche de la plaque.
Vue de haute montagne. Un cliché extrêmement ressemblant, anonyme et supposé des années 1880, est reproduit dans PP (n° 245, p. 186).

129 – Chaos de Coumély depuis le bas du torrent (en aval de Gavarnie). Titre manuscrit : "Chaos". 21,3 x 28,1 cm.
La composition semble conduire vers la brèche où l’on aperçoit le ciel, tandis que l’enchevètrement minéral repousse toute approche. Lyte s’est ici dispensé de tout figurant humain. Il est intéressant de comparer ce cliché avec celui de Vigier, reproduit dans PP, p. 19 : la composition est identique, mais chez Vigier, un joli chemin parcourt le paysage.

130 – Lac d’Estom (Cauterets). 22 x 28,2 cm. Longue inscription peu lisible au verso.
Impressionnante vue de montagne enneigée, dont un petit personnage placé à gauche nous invite à mesurer l’ampleur.

131– Ruines du château de Gramont. Titre manuscrit : "Ruins at Aspe". Avant 1858. 21,2 x 27,8 cm.
Il ne s'agit pas du château de Bidache. De la même série mais différente du cliché de l'exposition de Pau. De la même série, et probablement du même jour : le grand arbuste devant le donjon est identique (taille et feuillage). Différente : légèrement, dans le cadre, et l'angle de vue. On aperçoit à droite dans notre cliché le clocher de l'église.
Comme dans la version de cette image conservée à la BNF, le ciel n'est pas rapporté.
* Cf. PI n° 84, pp. 24 –reproduction-, 87, 122 ; Saule-Sorbé, fig. 9, cet exemplaire.

132 – Cirque d’Estaubé, brèche de Tuquerouye. Titre manuscrit : "Cirque Estaubé". Inscription au verso : "Cirque d'Estaubé". 25 x 31,8 cm.
Très belle composition légèrement décentrée, avec deux bergers soignement placés, l’un assis, l’autre debout. Tonalité brun-rouge.
* Saule-Sorbé, fig. 13, cet exemplaire.

133 – Bagnères ? Luchon ? Titre manuscrit : "Pau". 32,7 x 39,7 cm. Fortement passée dans les fonds, un accroc.
Un homme à favoris, en canotier, et un enfant, sont assis dans l’herbe et contemplent le paysage.

134 – « Eaux-Bonnes », et le Pic du Ger. Titre manuscrit : "Eaux-Bonne". Légende identique au dos. 21,5 x 28,4 cm. Un peu passé.
Cliché typique de Lyte : s’il figure une ville pyrénéenne, c’est pour la montrer nichée parmi les énormes monts et la nature qui l’entourent. Le cadrage est assez large pour inclure le Pic du Ger, en haut à gauche. (Comparer la vue similaire de Stewart dans Blanquart-Evrard, Jammes n° 497).

135 – Route de Cauterets, montée du Limaçon. Titre manuscrit : "Road to Cauterets". Même légende au dos. 26,5 x 21,1 cm. Image passée mais très lisible.
Même route : cliché I
Vue des gorges avec le ruisseau courant au fond, les lacets de la route sur la droite. Deux personnages en bras de chemise regardent le photographe depuis le muret bordant la route (différents de ceux du cliché G). Tirage sur papier fort.

136 – Titre manuscrit : "Pas de l'Echelle". ? ce n’est pas le pas de l’Echelle. 25,4 x 31,2. Image jaunie et passée dans le fond, petit manque dans un coin.
Il s’agit en fait de la même vallée que dans le cliché 133.
On connaît plusieurs clichés de Lyte portant des légendes erronées (cf. par ex. PP, p. 201).

137 – Vallée d’Ossau, Laruns. Titre manuscrit : "… to Pau [effacé] from Eaux-Bonnes [au crayon]". Longue inscription peu lisible au verso. 24,4 x 30,3 cm.
Beau panorama bien contrasté. Deux jeunes bergers en blouse contemplent le paysage. Ce cliché et les deux suivants appartiennent à la même série.

139 – Fond de la vallée d’Ossau, Laruns. Béost. Inscription au verso : "Looking over Larruns toward Pau. New road to Pau from …". 25,4 x 31,6 cm. Cliché jauni dans les fonds.
Vaste panorama de vallée. On aperçoit les deux personnages à gauche, coupés par le cadrage. Chose rare chez Lyte, le fond de la vallée est ouvert, et non fermé par une barrière montagneuse.

140 – Vallée d’Ossau avec Laruns au fond. 26,8 x 31,5 cm. (Quelques taches d’origine chimique dans le ciel).
Ici encore, la montagne est le sujet principal. Elle est soulignée par l’élégante courbe de deux routes paralelles, au premier plan.

141 – Cascade de Gripp. Vallée de Campan (65). Titre manuscrit : "Gripp".
21,9 x 27,8 cm.
Un monde sauvage : l’eau tumultueuse s’écoule au milieu d’un chaos de rochers, bordé par une haute haie d’arbres serrés.
Cascade (d’Enfer) : voir Revue photographique

142 – Pont d’Enfer aux Eaux-Chaudes. Titre manuscrit : "Gabas". Inscription au verso : "Pont de Gabas … ". 1858. 27 x 21,5 cm. Image passée.
Ce cliché figure à la BNF, daté de 1858. Il existe dans la collection Magendie une image tout à fait similaire, attribuée à Heilmann (tirage albuminé, vers 1854). Le nôtre ne paraît pas avoir été pris le même jour (on discerne quelques différences dans le paysage). L’angle de vue est légèrement décalé, ce qui fait entrer dans la composition tout un pan de montagne et de végétation : le sujet principal n’est plus le pont et les deux maisons, mais la vallée, où se trouvent le pont et les maisons.
* PP p. 197 –reproduit-

143 – Gorges de Pierrefitte, Luz ? (roche jaune). Inscription au verso : "Gorge de Pierrefite Luz Premier Tournant". 1858. 28,9 x 24,9 cm.
Le même cliché est à la BNF, intitulé « Route dans les Pyrénées », mais dans un cadrage plus serré (le banc de galets est ici plus grand, et un champ apparaît à gauche).
* Cf. PP, n° 268, p. 195 –reproduit-.

144 – Val de Jéret (île Sarah Bernhardt) en montant au lac de Gaube, Cauterets (65). « Lac d’Isle Vallée du pt d'Esp ». Inscription au verso : "Vallée du Pont d'Espagne au dessus de … ". 20,5 x 27,5 cm.
Curieusement, le photographe n’a pas cherché ici une vue dégagée sur le lac et nous le montre caché par un enchevêtrement assez sauvage. Sans doute comptait plus pour lui la ligne de crête des montagnes en fond.

145 – Lac Bleu. Avant 1858. 22 x 27,8 cm.
"Classicisme complet dans le choix de ce site somptueux, étape indispensable au voyage dans les Pyrénées et source d’inspiration de nombreux artistes depuis le premier quart du XIXè siècle" (PP).
Des épreuves sont conservées au musée d’Orsay, à la BNF et à la SFP. Comme celui de Marx, notre cliché ne comporte pas de personnages. Le cadrage est légèrement plus large que dans ceux de Marx et dans celui du Musée d’Orsay, présenté à Pyrénées en images.
* PI n° 117, reproduit p. 30 ; PP p. 46 ; Saule-Sorbé, fig. 6 ; Marx, 84.

146 – Château Ste-Marie à Luz (65). Titre manuscrit : "Vallée d'Aneus". 24,9 x 28,2 cm. Tache d’origine chimique dans le ciel.
Au premier plan un pré et des arbres, puis le château en ruine s’élevant sur son promontoire, et les montagnes en silhouette.

147 – Vallée. « Vallée de Luz ». Inscription identique au verso. 31,4 x 38,2 cm. (Deux déchirures, sans manque).
Belle vue paisible, aux premiers plans nets et doux et le fond de plus en plus vaporeux.

148 – « Valley d’Ar… … Argelles ». Inscription au verso : "Valley d'Arrens [?], from …". Val d’Azun ou vallée d’Arrens avec en fond Gabizos et Balaïtous ? 33,5 x 40,2 cm. Deux petites déchirures sans manque.
Même site que 151 (on devine au fond l’abbaye sur sa colline).
La même vallée que la 151, de beaucoup plus loin, et moins réussie.

149 – Vallée d’Ossau ? « Valley of Gabas ». Inscription au verso : "Valley of G… Looking back from … Plateau de P….". 25,6 x 31 cm. Fond pâli.
Un berger assis, en blouse, contemple la vallée depuis la droite.

150 – « Luchon ». 33,5 x 39,5 cm. Une tache d’origine chimique dans le ciel.
Plus qu’un panorama de la ville, un portrait de la montagne qui la surplombe.

151 – « Pouey Lahount ». Vallée d’Arrens, Azun. 36 x 40,6 cm. Petites déchirures dans les marges, avec un manque minuscule.
Beau cliché de très grand format, dans lequel le premier plan est à peine plus accentué que la montagne dépouillée, en fond, qui domine la scène. L’ensemble est d’une grande douceur.
Vallée d'Azun cf. Expo universelle 1855

152 – « Luchon », buvette près des bains. Plusieurs mots peu lisibles au dos, dans la marge gauche. 33,3 x 40 cm.
Ce paysage est rendu un peu étrange par l’absence totale d’êtres vivants : les allées de promenade sont désertes, les bancs vides, les pavillons semblent inutiles. Ce lieu conçu par l’homme et pour l’homme au milieu de la nature sauvage apparaît ainsi un peu absurde ou inquiétant.

153 – « Luchon ». Inscription au dos : "Luchon …". 26,8 x 39 cm. Déchirure sans manque.
Vaste panorama : la ville, très nette, s’étendant dans la vallée, et les montagnes noyées dans une brume légère…

154 – Pont Napoléon à St-Sauveur. Juin 1861 ? 43 x 31,8 cm. Image pâlie.
Le Pont Napoléon est un monument bien particulier dans les Pyrénées, de par ses caractéristiques techniques, l’appui apporté par Napoléon III à sa réalisation, et le fait que les étapes de sa construction ont été photographiés par Lyte et son collaborateur bagnérais Alexis Sajous, de septembre 1860 à juin 1861.
« De ces comptes rendus photographiques adressés à l’empereur, trois sont parvenus jusqu’à nous » (PP pp. 192-193). Un quatrième, montrant le pont achevé, a été révélé par les ventes Caillau-Lamicq (IV, 265, reproduit). Le nôtre en est un cinquième, il représente le pont récemment achevé (comme en témoigne par exemple la végétation en contrebas, qui vient d’être plantée). Le plan est large, comme toujours dans notre série d’images, et le cliché est très grand, d’un format double de ceux connus jusqu’ici.
Ecriture, au crayon, très proche signature Lyte dans PI 122.

155 – « Cirque de Gavarnie ». Avant 1860 ? 33 x 40,3 cm. Déchirures sans manque.
Très belle vue. La vallée est parfaitement nette, en opposition avec le cirque lui-même, dont la masse rocheuse apparaît vaporeuse. Deux personnages minuscules contemplent le cirque depuis l'amoncellement rocheux à gauche, l’un prenant appui sur sa canne. Il semble bien que ce cliché soit de la même série que celui du Musée d’Orsay, réalisé avant 1860 (édité par Marx), reproduit dans PI, n° 101. Pris d’un peu plus près, il englobe la totalité du site, sans couper les sommets, et donne une impression encore plus majestueuse.
Dans l'angle inférieur gauche, toute petite inscription manuscrite, d'une écriture appliquée, dans la plaque : "Lux Fecit". Cette mention a été utilisée comme signature par Lyte dans certains de ses clichés (Le gave, 1854 –voir ci-dessus- ; Château de Pau, 1854) : jeu de mot de photographe sur Lyte et lumière (Light/lux). (Cf. PI, pp. 27, 74).

138 – Vallée d’Argelès. Viscos. Aydac-Ost ? 23,4 x 31,2 cm.
Beau cliché. Le premier plan, avec les maisons dans la vallée, est d’une précision clinique. Les montagnes apparaissent en silhouette, noyées dans la brume du soir. L’ensemble dégage un sentiment de grand calme. On imagine une soirée d’été : les animaux sont rentrés, les hommes dînent, les ombres des peupliers s’allongent tandis que s’obscurcit le flan Est des montagnes…

156 – « Vallée d’Argelès » sous la neige. (Avant 1855 ?). 18,9 x 24,4 cm.
Même point de vue que 138, avec un cadrage différent. La vallée est ici figée sous une mince couche neigeuse, dans une lumière cristalline.
Le rapport de l’Exposition universelle de 1855 salue « la vallée d’Argelès et le village de Gavarnie [cf. n° T ] avec des effets de neige d’une grande difficulté d’exécution ». C’est ainsi que la photo de Heilmann montrant Pau sous la neige, en 1853, est restée célèbre.
* Vente Drouot 22 nov 2002 : avec ciel rapporté, papier salé albuminé d'après négatif verre, 24,5 x 18,5 cm. Datée avant 1860.

157 – « Luz », Chapelle Solferino. Plusieurs mots illisibles au dos. 28,2 x 31,1 cm.
Au premier plan, en contrebas, deux couples sur un pré dégagé captent l’œil et le guident jusqu’à la chapelle blanche, placée exactement au centre de la composition, qui va ensuite se perdre dans le lointain des montagnes, et revient vers le village, autre tache blanche, à moitié dissimulée dans la vallée.

158 – Vallée d’Argelès, Soulom. Léviste à Gauche. « Pierfitte ». 33,1 x 40 cm. Petites déchirures sans manque.
Image de très grand format. Ce cliché semble avoir été pris à 13h30 (voir horloge du clocher de l’église), le village et la végétation apparaissent au premier plan dans un contraste assez brutal de blanc et noir. La montagne à gauche reste dans l’ombre. Le fond de la vallée et la montagne qui occupent le reste du cliché sont d’un gris tendre, net et vaporeux, composant un tableau très délicat. Il est à croire que le photographe a recherché ce contraste pour mettre en valeur le décor grandiose.
"Quand à la ligne dure des montagnes se découpant sur le ciel (…), j'ai apporté un soin particulier pour rendre l'effet de la distance par la dégradation des plans . Ceux qui sont les plus éloignés se confondent presque avec le ciel, tandis que les plus rapprochés et les montagnes les plus élevés se détachent vigoureusement" (Lyte, 1861, cité par Marbot).

618 – Vallée de Luz avant Gavarnie, au-dessus du Chaos de Coumélie. « Road to Gavarnie ». Inscription au verso : "From Gavanie …". 25,3 x 28,8 cm.
Vue panoramique, avec deux petits personnages contemplant le paysage. Le ciel est rapporté, ce qui est typique de Lyte (voir aussi n° S ).
Cirque de Gavarnie : vu PI n° 101, 104

619 – Pont d’Espagne. 27,6 x 19,5 cm. Uniformément passée.
Vue rapprochée en format vertical, différente de celle de PI. Même site : L
Pont d'Espagne vu PI 89, 90

C – Vallée d’Estaubé : Gloriette. Tuquerouye. « Entrée de la vallée d’Estaube – Mont-Perdu au fond ». Inscription apparemment identique au dos. Vers 1860. 26 x 28,8 cm.
Beau cliché aux allures de carte postale, avec le berger posant fièrement sur la passerelle au-dessus du torrent. La légende manuscrite souligne la présence du Mont-Perdu, ce qui n’est pas surprenant de la part d’un admirateur de Ramond.
Cette image est identique à celle du Musée d’Orsay, mais ici en format rectangulaire et non pas ovale. Très contrastée, les noirs sont particulièrement soutenus.
* PI 108 et PP p. 48 –reproduite- ; Saule-Sorbé, fig. 12 ; Marx, 177 bis.

E – Route de Gabas vallée d’Ossau, avec l’Ossau en fond. « Road to … ». 27,2 x 21,5 cm. Numéro dans la plaque, angle inférieur gauche (101 ?).
Un jeune homme en costume local pose sur la route, tourné de trois-quarts vers le photographe.

G – Route de Luz-Gèdre, après le Pont Napoléon. « Road to Levy ». 31,4 x 26 cm. Image passée, surtout dans les fonds, traces de froissement.
Deux personnages contemplent le paysage ; l’un, à califourchon sur le muret, est en costume, et tient un bout de papier entre ses doigts. On les retrouve dans le cliché n° S, et, semble-t-il, dans la vue de Gavarnie PI 101.

H – Porche de l'église de Sère. « Ch [Chapelle] Serre ». Inscription au verso : "Portail de l'église de Sère près Luz". 28,9 x 25,5 cm.
Très belle image, dont la minéralité est accentuée par un tirage un peu dur. On aperçoit dans l’embrasure deux personnages de dos, qui prient agenouillés. La douceur de cette scène forme un contraste très vif avec la pierre nue qui les entoure. Il s’agit manifestement d’une recherche délibérée du photographe, qui a placé ses sujets –qui pour une fois ne sont pas là pour donner l’échelle- dans cet endroit improbable.

I – Calypso, route de Cauterets, montée du Limaçon. 1858. 21,3 x 26,5 cm.
Ce cliché semble être identique à celui de la BNF, un peu plus large et avec les laçets de la route plus lisibles. Il y a peut-être une inscription dans l’angle inf. gauche ("lux fecit" ?). Composition parfaite, mais image un peu triste, et quelque peu passée (on ne distingue quasiment pas la montagne qui apparaît en fond du cliché de la BNF).
* PP n° 274, p. 197.

J – Saint-Sauveur avec Viscos (depuis le Pont Napoléon ?). 21,8 x 27,9 cm. Image un peu passée, avec petites taches d’origine chimique dans le ciel.

K – Notre Dame de Héas et Munia. Avant 1858. Numéro dans l’angle inférieur gauche (43 ?). 20 x 26 cm.
L’exemplaire de la Bibliothèque de Pau est d’un format un tout petit peu plus petit. Comme celui du Musée d’Orsay (cliché Marx), le nôtre n’a pas de ciel rapporté. Belle image, d’une grande douceur.
* PI n° 107, reproduite ; Saule-Sorbé, fig. 5, cet exemplaire.

L – « Pont d’Espagne » (Cauterets). Avant 1860. 21,3 x 27,1 cm.
Même cliché et même format que celui conservé à la Bibliothèque de Pau.
* PI n° 89, reproduit. Variante, sans le personnage : Sotheby's NY, 2 oct. 96, n° 60.
Même site : 619

M – Tour de Guet, Castelviel à Luchon. « On road to Venasque ». Avant 1860. 20,5 x 27,4. Angles coupés.
Format légèrement plus large que l’exemplaire de la BNF, de l’édition Marx.
* PI n° 121, reproduite. Vente Drouot 14 nov. 2002 : format ovale, 20,5 x 26,7 cm.

51 / 0 – Val d’Azun, sortie d’Arrens Gabizos. « Road to …-… ». Inscription au verso : "Pic de Gar – Vallée d'Azun – Route d'Argelès". 18,6 x 25,1 cm.
Le chemin, où deux bergers nous regardent, et les montagnes en fond. Ce cliché a le même aspect qu’un papier salé.
Vallée d'Azun

P – Troumouse, vers l’aval Héas. PAPIER SALÉ. 20 x 26,1 cm.
Vallée minérale, où l’on devine quelques bergeries à moitié cachées.

Q – Gavarnie et Soum blanc de Sécugnac. « Penne de Su…q ». Inscription au verso : "Penne de … Gavarni". PAPIER SALÉ. 23,7 x 17,1 cm.
Le photographe ne cadre que des fragments des maisons, pour donner l’échelle du pic impressionnant qui se dresse au centre de la composition. Image un peu passée, avec quelques griffures, émouvante comme un daguerréotype.

R – Bagnères. 21,5 x 31,7 cm. Format horizontal, teinte brun-sépia.
Belle vue de la place centrale, avec une diligence à l’arrêt, et, sur la gauche, l’auberge du Grand Soleil, chez Lafarge.
"Notre coche s’agita fort pour entrer dans la ville, et le postillon le fit tourner d’une façon supérieure, près de la porte de l’auberge du Grand soleil, où il nous déposa sains et saufs et plus heureux qu’une araignée qui vient de filer sa toile " (Armand Baschet, "De Sainte-Adresse à Bagnères de Luchon, Itinéraire humoristique", 1852).

S – « Port de Vénasque » et lacs de Sauvegarde. 21,7 x 27,9 cm. Angles coupés. Même inscription au verso.
On retrouve sur ce cliché les deux personnages qui posent sur le cliché G. Belle image fortement contrastée, sauf dans la partie supérieure, un peu passée.



T – Village de Gavarnie avec effets de neige. « Gavarnie ». Avant 1854. 20 x 25,5 cm. Angles légèrement coupés. Numéro dans l’angle inf. gauche (38 ?). Image légèrement passée, petites taches dans le ciel.
Célèbre et superbe cliché, salué lors de l’exposition universelle de 1855, où il fut présenté. Il est reproduit en couverture du catalogue de l’exposition "Pyrénées en images". Notre tirage paraît être d’un cm plus court, en longueur, que celui conservé par les Archives départementales des Pyrénées Atlantiques.
* PI n° 98 ; PP, pp. 34, 36 ; Saule-Sorbé, fig. 10.

U – Pont de Betharam. « Bridge at l’Estelle ». 1862. Env. 25 x 32 cm (plus grand que PI n° 15). Déchirures sans manque, deux petites taches.
Cliché daté au tampon à sec, dans l’angle inf. gauche : "1862". Ce cliché est différent de celui, fameux, réalisé en 1854. L’angle de vue est le même, avec un cadrage légèrement plus large, mais il y a ici un personnage sur le pont, et un muret a été construit. Peut-être est-ce la raison pour laquelle, seul de notre série, il est daté : pour ne pas le confondre avec le précédent. Il existe un cliché très similaire par Alphonse Jeanrenaud (Vente Jammes, puis Bonhams 18 mai 2004, n° 15).
* Cf. PI n° 15 et p. 40 ; PP, p. 186 ; BNF : Marx, n° 78.

W – Gavarnie, gorges à l’entrée du village. « On the road to Gavarnie ». 26 x 21,8 cm.
Belle image de tonalité jaunâtre, avec le torrent au fond des gorges.
H. Saule-Sorbé souligne l'importance d'un tel cliché dans l'histoire de l'esthétique photographique, témoin d'une volonté de s'émanciper de l'esthétique picturale : Cette vue "démontre la facilité à couper dans le visible, la capacité d'un médium [la photographie] à produire une esthétique paysagère inédite, celle de la saisie fragmentaire".
* Saule-Sorbé, fig. 17, cet exemplaire.

X – « Brèche de Roland », Gavarnie, 3000 m. au-dessus du niveau de la mer, prise du glacier. 1857. 26,7 x 21,3 cm.
Célèbre cliché, l’un des tous premiers réalisés en altitude. Lyte a dû pour le réaliser faire gravir à son lourd matériel les pentes du glacier de la Brèche, et le hisser à 3000 m. Les frères Bisson feront leur première ascension photographique du Mont-Blanc un peu plus tard, en 1861.
Notre cliché est identique à celui conservé par la Société Française de Photographie, sauf le ciel rapporté, qui est différent. Le tirage de la SFP est décrit comme "tiré sur papier préparé au phosphate d’argent, à partir d’un négatif sur collodon au miel". Le nôtre est sur un papier beaucoup plus épais que celui des autres clichés, avec une teinte rosâtre.
Il est intéressant de relever la variante dans le choix du ciel : ce cliché est en effet le plus représentatif de l’usage de deux négatifs, l’un pour le paysage, l’autre pour le ciel ("Sa très belle Brèche de Roland, perforant, dans le haut du cirque de Gavarnie, le contre-jour d’une barrière minérale compacte est une réussite dans l’art du tirage cumulé de deux négatifs" - PP, p. 47). Cette pratique était chère à Lyte, qui l'a mise en œuvre dès 1853. Il revendiquait ainsi, contre les critiques, le droit pour la photographie de ne pas être un simple outil d’enregistrement mais un véritable moyen d’expression.
* PI n° 105 ; PP p. 32-33 –reproduit- ; 150 ans de photographie aux Pyrénées, p. 29, repro. pleine page ; Saule-Sorbé, fig. 14, et fig. 15, cet exemplaire.

Pour les ciels rapportés, cf. l'exposition "Quand passent les nuages", Paris, Bibliothèque nationale, 1988. http://expositions.bnf.fr/legray/reperes/nuages/lyte.htm

Aucun commentaire: